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Autoliquidation de la TVA en sous-traitance : la mention qui manque toujours

Le mécanisme tient en une phrase : dans les travaux de bâtiment réalisés en sous-traitance, ce n’est pas celui qui facture qui déclare la taxe, c’est celui qui reçoit la facture. Sa mise en œuvre, elle, produit chaque année un volume considérable de rectifications, presque toujours pour la même raison.

Publié le 22 juillet 2026 3 min de lecture

À quoi sert le dispositif

Il a été mis en place pour lutter contre une fraude simple : un sous-traitant facture la taxe, l’encaisse, disparaît sans la reverser, tandis que le donneur d’ordre la déduit. En transférant la déclaration au donneur d’ordre, on supprime le flux de trésorerie qui rendait la fraude possible.

Le sous-traitant émet donc une facture hors taxe. Le preneur mentionne dans sa propre déclaration la taxe due au titre de cette prestation et, dans le même mouvement, la déduit s’il y a droit. L’opération est neutre pour lui, à condition d’être déclarée des deux côtés.

Le champ exact, et ses bords

Sont visés les travaux de construction, de réparation, de nettoyage, d’entretien, de transformation et de démolition portant sur un bien immobilier, réalisés par un sous-traitant pour le compte d’un preneur assujetti. La relation doit être une véritable sous-traitance, au sens d’une exécution pour le compte d’un entrepreneur principal lié à un maître d’ouvrage.

Sont en dehors : la vente de matériaux sans pose, la location de matériel sans opérateur, les prestations intellectuelles de conception, et les travaux facturés directement au maître d’ouvrage. Une même entreprise peut donc appliquer le dispositif sur un chantier et pas sur le suivant.

Le cas des contrats mixtes, qui mêlent fourniture et pose, se règle selon la prestation prépondérante et la façon dont le contrat est rédigé. Un devis détaillé évite l’essentiel des discussions.

Les mentions obligatoires, des deux côtés

La facture du sous-traitant est établie hors taxe et porte la mention explicite d’autoliquidation. Une facture qui se contente d’un « TVA non applicable » sans autre précision est irrégulière : la mention doit désigner le dispositif.

Côté donneur d’ordre, la taxe se déclare sur la ligne prévue pour les autres opérations imposables, et se déduit sur la ligne correspondante. L’omission de la première rend la seconde indue, et c’est là que le redressement se produit, souvent sur plusieurs exercices.

Les trois erreurs qui reviennent le plus

Facturer la taxe malgré tout, par habitude ou parce que le logiciel de facturation n’a pas été paramétré. La taxe facturée à tort est due par celui qui l’a facturée, et le preneur ne peut pas la déduire.

Appliquer le dispositif hors de son champ, notamment sur une fourniture sans pose. L’erreur passe souvent inaperçue jusqu’au contrôle du donneur d’ordre.

Oublier de déclarer l’autoliquidation côté preneur tout en déduisant. C’est l’anomalie la plus coûteuse, parce qu’elle se répète mécaniquement à chaque facture.

Ce qu’une entreprise du bâtiment doit mettre en place

Un paramétrage de facturation distinguant clairement les chantiers en sous-traitance, une vérification systématique de la qualité d’assujetti du preneur, et un contrôle mensuel de la cohérence entre les factures émises et les lignes déclarées.

Ces trois contrôles se posent une fois. Ensuite, ils tiennent, et ils suppriment la quasi-totalité du risque sur ce poste.


Questions fréquentes

Un sous-traitant de rang deux applique-t-il aussi l’autoliquidation ?

Oui. Le dispositif s’applique à chaque niveau de sous-traitance dès lors que les conditions sont réunies, y compris entre sous-traitants successifs.

Un particulier peut-il être donneur d’ordre au sens du dispositif ?

Non. Le preneur doit être assujetti à la taxe. Des travaux facturés à un particulier suivent le régime habituel, avec facturation de la TVA au taux applicable.

Que faire d’une facture reçue avec TVA alors qu’elle aurait dû être autoliquidée ?

Ne pas la déduire et demander une facture rectificative au sous-traitant. Déduire une taxe facturée à tort expose à un rappel, même si le fournisseur l’a effectivement reversée.


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